The World is yours

6h30:

Diding diding diding, d’une main peu assurée je saisis l’objet responsable de ma séparation d’avec Morphée. D’un même mouvement je mets fin au tintement de ce démon, et allume la radio. Bercé par la voix de l’animateur et des différents chroniqueurs, je referme un œil. Dans un demi sommeil, les informations du matin viennent s’imprimer dans ma mémoire sans passer par la conscience (dans mes souvenirs Caroline Fourest a fait une chronique sur les opposants au mariage homo, mais je n’en sais pas plus).

7h30:

Toc toc toc, ah…mince, qu’ai-je bien pu faire ce week-end qui me vaudrait la visite d’un voisin si matinal? Un saut dans mon jogging, afin d’ouvrir la porte à cet importun. Tiens, je ne le connais pas celui-ci… « Bonjours, vous avez deux colis » – « Ah…merci, bonne journée » (pour une fois qu’amazon respecte les délais prévus). Aller hop un café, un jus d’orange, j’ouvre le journal daté de samedi (on est mardi…ça aussi ça devrait faire l’objet d’un article vilipendant les porteurs de journaux) et entend d’une oreille distraite la douce voix de Xavier Bertrand parlant flexisécurité, éducation national…

7h58 :

Mon cher Philippe Meyer intervient pour sa chronique matutinal, captivé par l’édito du journal, je ne prends même pas le temps d’interrompre ma lecture pour l’écouter.

8h10 :

Aller zou, à la douche. Début de semaine oblige, je dois passer sous les feux du rasoir. M’observant dans la glace, recouvert d’un masque blanc, je me dis qu’aujourd’hui il faut bosser (j’avais déjà pris la résolution d’aller à la bibliothèque), sans ça, je ne serai jamais président de la république (Mr Sarkozy sort de mon corps).

8h30 :

La douche est prise, me voilà habillé, je remplis mon sac à dos de divers livres, papiers, crayons, ordinateur, un pschitt pschitt de « sent-bon ». Un tour de clé, le poids de la connaissance sur le dos, loin de me faire courber l’échine me donne l’air fier, et me fait dire « the world is mine » (en français bien sûr, mais la référence original venant plus d’un célèbre film de De Palma que d’un non moins célèbre film de Kassovitz, j’ai voulu conserver la version original).
9h00:

J’arrive à la fac presque en sifflotant, les pommettes fraîches mais caressées par le soleil. Je reste devant la bibliothèque quelques instants afin d’observer l’effervescence estudiantine matinale un café à la main. Celui-ci englouti, je pénètre dans cette chapelle du savoir. Me voilà me hissant tranquillement au dernier étage et prend place au milieu d’une atmosphère de travail presque religieuse. Je sors délicatement mes affaires, ayant pour seul objectif de ne pas déranger cette prière collective.

9h15 :

Me voici, happé par cette expérience transcendantale qu’être à l’intérieur de soi mais à plusieurs (pardon, j’ai un doute sur la tournure de cette phrase). Devant mes yeux c’est le droit, la philosophie, la littérature qui se présente, c’est Socrate susurrant à Phèdre les secrets de la connaissance(normalement c’est les secrets de l’amour des êtres, mais là en l’occurrence ça collait pas, et comme je voulais quand même apporter une licence de sérieux à ce texte, qui d’autre aurais-je pu convoquer si ce n’est Socrate lui même).

10h00 :

Puis après cette émulsion scolastique, je me dis « bon, écoute mon petit bibi, tu as quand même pas mal fait la fête ce week-end, tu t’es levé tôt ce matin, tu lis tu lis mais tu ne comprends rien car tu es fatigué, rentres chez toi mange un petit truc, fait la sieste, mais pour ce matin c’est fichu ».

Résultat des courses, je suis resté 1h à la BU et j’ai dû lire 30 pages et je suis rentré chez moi.

Léon.

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