L’urgence et la patience.

Aujourd’hui, on se rattrape. Plusieurs dimanches sans votre petit billet doux hebdomadaire, pauvres enfants. Donc là, on va faire de la méta-écriture (de l’écriture sur l’écriture).

Pourquoi alors, nos chers Léon et Camille n’ont rien publié depuis plusieurs dimanches ? Sans doute plusieurs choses (une ça aurait été beaucoup trop simple). A vrai dire, nous n’en savons rien mais nous allons quand même tenter de démêler les fils.

Premièrement, sans dire que nous sommes débordés, il est vrai que nous avons un peu plus d’activités que lorsque le blog a commencé. Ça fait plus de matière vous nous direz. Effectivement et puis on peut chercher toutes les excuses qu’on veut, vous faire miroiter une vie trépidante, constamment de sortie, à courir à droite à gauche, de lieux de débauches en lieux d’orgies, mais il est vrai que le dimanche on est plutôt libre. ALORS C’EST QUOI VOTRE PROBLÈME ? On tient à signaler d’ailleurs qu’en fait nous avons deux voire trois articles d’écrits qui n’attendent qu’à être un peu retravaillés, remis en forme et corrigés. Déjà, il est vrai que nous avons un véritable problème d’orthographe. Non que l’orthographe nous passe carrément au-dessus de la caboche, mais il est vrai qu’en plus de les faire corriger par d’autres, ça nous prend un temps fou de retravailler nos premières ébauches. (une pensée à nos correcteurs : Cécile, Léa, Pauline, Cyril, Gaedic pour le moment, d’autres suivront sans doute en fonction de nos besoins et de leurs envies). De fait nos publications ne sont pas, à proprement parler automatiques : aussitôt écrites, pas aussitôt publiées.

Ensuite, nous nous sommes aperçus qu’il était finalement assez difficile pour nous de prendre de l’avance, d’écrire dans la semaine et de programmer la publication le dimanche soir. Nous nous sommes toujours retrouvés à écrire dans l’urgence, les textes ici présent sont généralement écrits et publiés en trois heures grand max. Bien souvent, l’idée même du texte, du thème, du « style » nous vient 30 minutes avant le début de l’écriture. Nous avons sans doute besoin de cette pression (ça dure depuis toujours, un dossier, une présentation ou n’importe quoi. L’écriture commence la veille ou l’avant veille. Comme, en ce moment, le mémoire de Camille qui n’avance pas beaucoup beaucoup alors que la date se rapproche.). Et d’ailleurs si Camille publie peu dans ce blog c’est aussi parce qu’il lui faut du temps pour se documenter, trouver des liens, des informations utiles, le temps de s’autoriser un avis, une prise de position, nul doute que lorsqu’il aura réuni tout ça il écrira un billet en 1 heure. Nos deux trois textes quasiment prêts à être envoyés en correction, ont peut-être trop maturés, ils ont été lu plusieurs fois par nous et ont perdu de leur intérêt à nos yeux. Si nous les retouchons trop ils perdront du style et lorsque nous ne les retouchons pas, nous avons l’impression qu’ils n’ont aucune substance.

D’autre part (super scolaire cette affaire « Premièrement », « Ensuite », « D’autre part », tout à l’heure on aura sans doute du « En somme »…), nous nous sommes aperçus que notre petite déprime de fin d’année était passée, l’année 2014 s’annonce rieuse. C’est comme lorsque Baudelaire écrit les Fleurs du mal (la comparaison s’arrêtera là, quoique peut-être prochainement nous tentions un texte en vers, ça fait un moment que l’alexandrin nous tente), notre Charles national tente de nous montrer que les fleurs peuvent pousser sur de la merde, voire ne peuvent naitre que d’elle. Il est possible que pour nous aussi ce ne soit pas facile d’écrire lorsqu’on est heureux, que tout va bien, que pour écrire du beau, du joyeux, il faut transcender le moche et le tristoune.

Pour trouver nos textes il nous faut aussi prendre du temps, il nous faut flâner, l’œil hagard à la recherche du moindre instant de grâce pour reprendre les propos de NKM. Il faut pour cela du temps de cerveau disponible, vous voyez, celui que vend TF1 ? Et ben il nous faut ça.

Nous sommes aussi sur d’autres fronts. Camille a son mémoire à bosser, il l’a toujours en tête, tout se rapporte à la notion de secret. Il va au ciné, il lit un bouquin, il discute d’un truc : tout est bon pour y coller son mémoire ! En plus il y ajoute des thèmes ce qui augmente considérablement ses centres d’intérêt. Il prépare aussi une future et inespérée entrée en Master 2 de psycho (gageons que 2014 soit LA bonne année). Et il espère organiser avec d’autres collègues un « café vie privée » à Nantes pour sensibiliser cette célèbre Mme Michu à la vie privée sur internet.

Léon quand à lui aimerait prendre un peu de temps pour continuer ses lectures, peut-être un jour écrire un court texte en alexandrin (ce serait bien déjà qu’il trouve un thème), il est aussi dans une ambiance un peu mélomane (peut-être qu’il écrira un truc là-dessus aussi), il écoute un nouveau genre de musique et il a tout à apprendre. Il avait aussi l’intention d’écrire des textes à suite. Les moutures sont faites pour 4-5 semaines mais il faut qu’il remplisse ses canevas.

Nous conservons bien évidemment notre rendez-vous du dimanche, en espérant que nous soyons aussi assidus qu’à nos débuts. Cet impératif est pour nous source d’écriture. Nous nous y sommes un peu mal pris ces derniers temps en préparant des textes à l’avance alors que nous ne fonctionnons que dans l’urgence. Nous estimons nécessaire de nous débarrasser de nos vieux textes et les publierons dans la semaine, afin que ceux-ci ne croupissent pas trop longtemps dans nos brouillons, sans doute demain et après-demain (ils manqueront sans doute un peu de forme mais nous devons vider nos fonds de tiroir).

Enfin, pour nous faire pardonner et en signe d’apaisement nous vous invitons à acheter deux bouquins.

L’urgence et la patience de Jean-Philippe TOUSSAINT :

Un livre sur l’écriture (il est vraiment tout petit, en deux heures c’est plié). Comment un écrivain écrit ?C’est absolument formidable (d’ailleurs il faudrait qu’on y rejette un coup d’œil). Une écriture à l’image de son titre, une première partie sur la recherche que doit faire l’écrivain pour écrire, visiter la ville qu’il faut décrire, se renseigner sur des éléments qu’il veut faire vivre dans son livre, cette première partie invite à la flânerie, sitôt cette première partie terminée on a envie de se promener chez soi, sentir les objets, remarquer la moindre éraflure sur un meuble que l’on croise tous les jours, la couleur de notre table qu’il faut décrire avec toutes ses nuances, etc. Même pas besoin de changer de lunettes, on voit tout différemment après ça. Une deuxième partie toute en rapidité, en pulsionnel, après avoir emmagasiné tous vos éléments quotidiens dans une sorte de boulimie esthétique, il faut ressortir tout ça, t’as intérêt d’ ou à avoir un bon stylo plume et un bon cahier, car au moindre accroc sur la page, c’est foutu. Il faut que le stylo jouisse sans entrave, vide sa cartouche. Voyez, on vous le conseille de tout notre cœur.

Lettres à sa voisine de Marcel PROUST.

Ce sont des lettres inédites que Marcel Proust envoyait à sa voisine du dessus. C’est très court (il doit y avoir une quinzaine de lettres). Le À la recherche du temps perdu fait extrêmement peur, c’est très long (pour tout vous dire malgré nos régulières allusions à cet auteur nous n’en sommes qu’au Du côté de chez Swann qui est vraiment le tout début de son oeuvre?), mais pour se familiariser avec le bonhomme ces lettres sont géniales. On y découvre un VRAI casse-couille, il est constamment dérangé par le bruit de sa voisine. Il demande à celle-ci de déplacer l’heure de venue des plombiers car, le pauvre Marcel souffrant d’asthme, n’arrive pas à dormir avant très tard (du coup il sort) et ne souhaite pas être dérangé par les plombiers avant 14h. Il est tellement déférent qu’on ne peut pas lui dire non. Il peut disserter sur le bruit pendant quelques pages pour demander à sa voisine de ne plus en faire. C’est vraiment très très drôle.

Camille et Léon

PS : – On fait un petit bisou à nos correcteurs @CecileOuKika @Leap22000 @cyrilbegue @Pline_m @Faydhiver

– On vous invite aussi à aller jeter un coup d’œil aux photos de @Pline_m qui méritent d’être vues. ici

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