Déménagement

Dans une semaine je déménage, je pars à l’autre bout de la France, pour un nouveau job. C’est dernières années ici n’ont pas été simples. Mais bon, pour l’heure, il faut que je fasse mes cartons.
Il y a deux rubriques dans l’organisation d’un déménagement : poubelle / cartons.

Je commence à en remplir quelques uns, puis je tombe sur un coquillage qui gisait seul, comme ça, sur un coin du bureau. Me voici parti à la plage, il y avait un peu de vent mais il faisait beau. Nous étions en balade, moi et Aurélie. Ça ne faisait que quelques jours que nous nous étions rencontrés. Elle était belle, elle avait de longs cheveux blonds. Je me rappelle, elle avait failli se casser la gueule en escaladant les rochers. Malgré seulement quelques jours, j’en étais persuadé, c’était la femme de ma vie. Nous avions passé une excellente après midi, elle m’avait offert ce coquillage, qu’aujourd’hui j’hésite à mettre dans la poubelle ou le carton. Il était moche, tout petit, tout gris, il ne servait à rien, hormis me rappeler cette belle après midi à la mer.
Ça c’était mal fini avec Aurélie, j’avais fait le con. J’étais sorti avec quelques amis, elle était rentrée chez ses parents pour le week-end. Nous étions parti dans une folle virée noctambule, et en général c’est « no limit », on avait commencé la soirée dans un bistrot en ville, et avons terminé en boite. Et puis, enivré par la musique (entre autre) j’avais dansé avec une jolie fille, j’étais « maqué »…nous nous étions embrassé, et une des copines d’Aurélie m’avait balancé. C’en était fini de mon idylle avec Aurélie.
Le coquillage –> poubelle.

J’attrape un peu plus loin, une vieille carte postale que m’avait envoyé Alex alors qu’il était en vacance en Turquie. C’était pas mon meilleur pote, mais c’était un très bon pote. Il était toujours là pour sortir, t’as un coup de blues, t’appelle Alex et tu rigoles. Le lendemain t’as mal à la tête, mais tu t’es bien marré. Et puis il est tombé malade. Un cancer à la con. Au début, ça allait, il était flemmard, sortait un peu moins, sans doute fatigué par ses traitements, mais bon… Il avait quand même sale mine. A chaque fois que je le voyais, quand l’occasion se présentait, je lui disais « Ça a l’air d’aller, t’as l’air mieux » et il me répondait fort justement « Arrêtes, t’es con, j’ai perdu 5kg, on voit à travers moi »
– Ouai, j’avoue, t’es moche…clairement, c’est pas ce soir que tu vas serrer. –  Et puis on se marrait
– Tu vas voir toi aussi quand tu seras malade, t’auras bien l’air con.
Et puis il est devenu de plus en plus faible, ça commençait à sentir le sapin. Il est entré à l’hôpital, il y est resté une semaine. J’ai jamais été le voir, il savait bien que les blouses, et l’odeur de mort c’est pas trop trop mon truc. Et il est mort. Après, enterrement tout le tintouin, les oraisons tous ça… C’est toujours des mecs bien qui meurent. « Il avait le cœur sur la main, il est parti trop tôt…blablabla. ». Un conseil, pour les enterrements, ne jamais, sous aucun prétexte, s’asseoir près de la chorale. T’as toujours une vieille à contre temps, qui monte trop haut… c’est fou rire assuré. Bref.
La carte postale –> Carton

Je déplace mon lit, pour le démonter. Oh merde, il y a des marques sur le lino à chaque pied. Des sortes de petites traînées de gomme. C’est vrai, qu’est-ce qu’il a pu bouger le lit lorsque j’étais avec Lætitia. Nous nous étions rencontré un soir de Saint Patrick. J’étais avec quelques amis pour fêter cet événement de la biture. Il y avait un concert dans un de nos troquets. Concert irlandais bien sûr. Bière, musiques, copains…on est bien Tintin. Enfin bon, bref, dans une danse tonitruante nous avions rejoint nos mains, et puis nous ne les avons pas lâchées de la soirée. On avait fini chez elle, essentiellement pour du sexe. Et puis ça duré…pour le sexe, on n’avait pas grand chose à se dire. On s’est bien éclaté pendant quelques mois  et puis…elle a rencontré un mec, un mec avec qui ça peut durer. Ça c’est terminé par un « À la prochaine, bonne chance avec ton mec. »
Les traces sur le lino –> éponge, ou 20€ de caution…

Le dernier carton est bouclé, y a plus qu’à attendre les copains, pour virer tout ça.

Léon

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Merci à mon correcteur, aujourd’hui c’est Cyril qui s’y est collé.

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